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Conference papers

Inégalités de pratiques sportives. Une étude comparative entre la France et l'Espagne

Résumé : Entre 1960 et 1970 le nombre de personnes prenant part à des activités physiques ou sportives (APS) a fréquemment augmenté en Europe (Gratton & Taylor, 2000). Cependant, depuis les années 80, ce taux semble stagner dans certains pays (par exemple en Espagne, au Portugal, en Finlande ou en Belgique), voire diminuer dans d'autres (Kokolakakis, Lera-López & Panagouleas, 2012). Face à cette situation, la Commission européenne publie en 2007 un Livre Blanc sur le sport. Par ailleurs, un Livre Blanc portant sur la stratégie Européenne en matière de nutrition, de surpoids et d'obésité soulignent également que le sport est devenu une composante importante de la programmation des politiques publiques, notamment en matière de santé et de bien-être. Partant du postulat des avantages associés à un mode de vie actif et sportif, la plupart des organisations ou institutions nationales/internationales recommandent aujourd'hui la pratique d'une activité physique régulière. En même temps, cette stagnation (voir ce déclin dans certains pays) du sport en Europe a suscité un intérêt pour la recherche universitaire non négligeable sur la question de la participation et de la non-participation aux APS visant à identifier ses corrélats en général (Downward, Dawson & Dejonghe, 2009) et dans les pays de l'UE en particulier (p. Ex., Downward, Lera-López & Rasciute, 2014 ; Van Tuyckom, 2011 ; Van Tuyckom & Scheerder, 2010a, 2010b). La Commission européenne a ainsi régulièrement interrogé la participation sportive des européens (2004, 2010, 2014). Selon cette dernière, en 2013, dans les 25 États membres de l'Union européenne, 41% des citoyens déclarent avoir une participation régulière au sport (au moins une fois par semaine). Ce résultat est similaire à celui de 2009 (40%) et de 2004 (38%). Au-delà de ces tendances générales, semble également apparaitre une grande disparité entre les différents pays européens (Hartmann-Tews, 2006 ; Van Tuyckom et al., 2010). En effet, la participation régulière semble diminuer dans les pays du Sud et de l'Est (Van Tuyckom et al., 2010). Egalement, on observe en 2013 une inégalité significative entre les hommes et les femmes. Dans l'UE 28, les hommes (45%) sont plus susceptibles que les femmes (37%) de pratiquer régulièrement. Dans la même veine, il existe une relation négative entre la participation au APS et l\textquoterightâge et une relation positive avec l\textquoterightéducation ou la catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, les APS sont la prérogative des 15-24 ans (64%) et des cadres (59%) (Commission européenne, 2014). Ces tendances sont encore plus marquées lorsque les facteurs sont combinés. En tout état de cause, le niveau général de non-participation en Europe est élevé mais masque des disparités entre pays, ce qui suggère un besoin urgent d'intervention publique ciblée pour la promotion des APS (Downward & Rasciute, 2011). Le sport et ses bienfaits doivent en ce sens être compris " pour tous \guillemotright, quelle que soit leur condition (origine géographique, mais aussi sociale, éducation, genre, etc.). Au-delà des travaux réalisés dans le cadre des différents Eurobaromètres, la France et l'Espagne ont historiquement réalisé des enquêtes sur la pratique des APS. En apparence proches, la France et l'Espagne n'en reste pas moins très différents du point de vue de leurs histoires démocratique, économique et sociale. Dès lors, comparer ces deux pays permet de mieux comprendre ce qui différencie les pays du Nord et de l'Ouest aux pays du Sud et de l'Est en faisant varier les contextes au sens de Lisle (1985). L'objet de cette communication est donc d\textquoterightétudier et comparer le rôle des caractéristiques sociodémographiques dans la participation et la non-participation aux APS, et plus encore dans la formation de la taille du portefeuille des pratiques des individus dans chacun de ces deux pays afin d'identifier d\textquoterightéventuels leviers de progression. Pour réaliser cette évaluation, nous nous appuyons sur les deux dernières enquêtes nationales (France avec n=8510 et Espagne avec n=8925) produite en 2010. Sur la base des réponses concernant 40 sports ou catégories de sports identifiés nous pouvons ainsi mesurer le nombre d'APS déclarées par les répondants rendant comparables notre mesure avec celles d'autres enquêtes (par exemple le Taking Survey (Widdop & Cutts, 2013)). L'objectif étant d'expliquer la taille du portefeuille de pratique par les caractéristiques sociodémographiques, un modèle binomial négatif nous a semblait être approprié (Venables & Ripley, 2002). Parallèlement, et pour évaluer les effets du département ou de la région, nous avons effectué une analyse multiniveau (Finch, Bolin, & Kelley, 2014). In fine, nous constatons que le taux de pratique global est nettement plus élevé en France qu'en Espagne. De même, si l'on raisonne sur la taille des portefeuilles de pratiques, on constate une multipratique plus développée en France qu'en Espagne. Les effets départements et régions sont certes significatifs mais négligeables dans les deux pays. Enfin, les effets ceteris paribus des variables sociodémographiques sont classiques et communs au niveau des deux pays. Néanmoins, la hiérarchie des effets diffère : quand l\textquoterightâge est le facteur le plus important en France, c'est le cas du sexe en Espagne. De plus, en Espagne, les effets classiques sont plus prononcés induisant un marquage social plus important du portefeuille de pratiques. Ces résultats corroborent les résultats d'une comparaison anglo-espagnole (Kokolakakis et al., 2012). Nous comprenons donc que les politiques publiques sportives ne peuvent pas être les mêmes en Espagne et en France. En France, s'il semble pertinent d'avoir une réflexion en termes de cycle de vie sportif de la population, en Espagne, cette réflexion semble devoir davantage s'axer autour de la question du genre et plus largement de la famille.
Mots-clés : nationale vulnérabilité
Document type :
Conference papers
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Contributor : Depot 2 Lyon 1 <>
Submitted on : Thursday, December 19, 2019 - 3:53:24 PM
Last modification on : Friday, December 20, 2019 - 1:46:08 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02419772, version 1

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Citation

Guillaume Routier, Brice Lefèvre, Ramon Llopis-Goig. Inégalités de pratiques sportives. Une étude comparative entre la France et l'Espagne. Congrès de Management du sport, Jun 2017, Lyon, France. ⟨hal-02419772⟩

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