Érythème pigmenté fixe à la clarithromycine : importance des tests de provocation pour le diagnostic

Résumé : Résumé Introduction La détermination du médicament responsable d’un érythème pigmenté fixe (EPF) récidivant est parfois délicate en cas de polymédication. Les tests allergologiques peuvent être d’une grande aide dans cette situation : nous l’illustrons par une observation originale. Observation Un homme de 49 ans présentait une éruption au septième jour d’un traitement par ésoméprazole, clarithromycine et amoxicilline prescrit pour une gastrite à Helicobacter pylori. La régression se faisait spontanément en plusieurs jours, laissant trois séquelles hyperpigmentées. Par la suite, le patient rapportait quatre nouveaux épisodes, sous forme de réactivations stéréotypées sur les traces de ces trois lésions initiales, 24 h après la prise, soit de clarithromycine (2 épisodes), soit d’amoxicilline (2 épisodes). L’inhibiteur de la pompe à protons (ésoméprazole) avait pu quant à lui être repris sans incident. Sur la base de l’anamnèse, un diagnostic d’EPF multi-médicamenteux à l’amoxicilline et à la clarithromycine était d’abord posé. Les explorations allergologiques cutanées initiales étaient négatives (patch-tests amoxicilline et clarithromycine sur peau saine du dos et sur séquelle pigmentée). Après concertation, il était décidé de réintroduire successivement les molécules suspectées. En commençant par la clarithromycine, à 12 h d’une prise unique de 250 mg, nous observions une réactivation érythémateuse des sites pigmentés, avec sensation de cuisson. En procédant ensuite de manière identique pour le test de provocation à l’amoxicilline (500 mg), ce médicament s’avérait parfaitement bien toléré, écartant ainsi le diagnostic d’EPF à l’amoxicilline et donc celui d’EPF multi-médicamenteux que laissait supposer l’anamnèse. Discussion Les EPF aux macrolides sont rares et nous en rapportons un nouveau cas. Notre observation confirme l’intérêt diagnostique des tests de provocation au cours des EPF. Ils ne doivent être réalisés qu’en cas d’EPF non sévère, c’est-à-dire non bulleux et non généralisé, et sont très souvent la seule méthode diagnostique possible, car les tests épicutanés sont rarement positifs dans l’exploration des EPF. Summary Background Determining the substance responsible for recurrent fixed drug eruption (FDE) may be difficult in the case of patients on multiple medication. Allergy testing may prove invaluable in such situations, as we demonstrate herein with an original case. Patients and methods A 49-year-old man presented a rash on the seventh day of treatment with esomeprazole, clarithromycin and amoxicillin prescribed for gastritis involving Helicobacter pylori. The condition regressed spontaneously within a few days, but left three areas of hyperpigmentation. The patient subsequently reported four further episodes consisting of stereotypical reactivation in the areas of the three initial lesions and occurring 24 hours after use of clarithromycin (2 episodes) and amoxicillin (2 episodes). The patient resumed proton pump inhibitor therapy (esomeprazole) without incident. Based on history taking, an initial diagnosis was made of multiple fixed drug eruption involving amoxicillin and clarithromycin. The initial skin allergy investigations were negative (patch-tests for amoxicillin and clarithromycin on healthy skin on the patient's back and on the affected area). After discussion, we decided to reintroduce the suspected drugs in succession. Beginning with clarithromycin, 12 h after a single dose of 250 mg, we noted an erythematous reaction on the pigmented areas, together with a burning sensation. In an identical challenge test with amoxicillin (500 mg), the latter drug was perfectly well tolerated, ruling out the diagnosis of FDE to amoxicillin and thus the diagnosis of multiple FDE suggested by the patient history. Discussion FDEs to macrolides are rare, and herein we report a new case. Our observation confirms the diagnostic value of challenge tests in FDE. These tests should only be performed in the event of non-severe FDE, in other words not in bullous or systemic reactions, and they often constitute the only diagnostic approach possible, since skin tests are rarely positive during investigation for FDE.
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Contributor : Christelle Cheval <>
Submitted on : Tuesday, November 13, 2018 - 3:27:54 PM
Last modification on : Thursday, December 12, 2019 - 12:06:22 PM

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Citation

A. Huynh, E. Lungoci, Axel Villani, Benoit Ben Said, Florence Hacard, et al.. Érythème pigmenté fixe à la clarithromycine : importance des tests de provocation pour le diagnostic. Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, Elsevier Masson, 2016, 143 (12), pp.852 - 855. ⟨10.1016/j.annder.2016.03.007⟩. ⟨hal-01920954⟩

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